✏️ Le jour où j’ai reçu la plaque pour ma classe

Mercredi 9 mai 2018. Je viens de passer 2 jours extraordinaires aux conférences Beyond Tellerrand (dont j’ai longuement parlé en français ici et en anglais ici) et je retrouve aujourd’hui Bruxelles et surtout ma classe.

Il fait super beau. Il est 11h. C’est le moment de sortir profiter un peu du soleil avec mes stagiaires. Dans un mois, ils seront partis en stage. Je ne les verrai plus. Je compte donc passer un maximum de temps avec eux.

Soudain, je vois Cedric s’approcher avec son t-shirt vert flashy, un sourire éclatant sur son visage. « J’ai un cadeau pour toi ». Il découvre sous mes yeux la plaque officielle que je vais pouvoir apposer sur la porte de ma salle de classe. « The Aaron Hillel Swartz classroom » pourra-t-on lire désormais avant de rentrer dans ce que je considère comme ma seconde maison.

Plusieurs mois auparavant, je donnais encore cours dans une ancienne usine dans des conditions plus que discutables mais néanmoins rock’n’roll. J’avais été rapatriée au centre du Bruxelles avec mes autres collègues et il avait fallu choisir un nom de classe. Il avait été décidé de choisir des noms notables de l’IT, des noms de femmes surtout parce qu’elles sont souvent oubliées par l’Histoire et par l’inconscient collectif. Mais étant un quota féminin à moi tout de seule (à l’heure où j’écris ses lignes, je suis encore la seule formatrice femme au sein de l’équipe. Une équipe qui compte pourtant 9 formateurs), j’avais insisté pour qu’on rende hommage, non pas à une femme, mais à un homme. C’est pour toutes les valeurs qu’il représente à mes yeux et aux yeux de ceux qui le connaissaient ou ont ne serait-ce qu’entendu parlé de lui, que j’ai choisi ce nom. Pour sa curiosité, sa volonté de partager et diffuser le savoir, son sens de l’engagement et de l’éthique, sa constante remise en question, son courage.

Tenir cette plaque pour la première fois, lire ce nom, ça voulait dire beaucoup de choses. Ça voulait dire qu’on n’oublierait pas Aaron Swartz. Ça voulait dire que ses valeurs sont aussi celles de l’institution pour laquelle je travaille et je m’engage tous les jours. Ça voulait dire aussi qu’on validait et actait mes propositions. Je ne compte pas quitter BeCode de si tôt mais si jamais ça doit arriver, ça fera (aussi) partie de l’héritage que je laisserai derrière moi.

Miloon et la plaque Swartz de BeCode
Moi, mon t-shirt Beyond Tellerrand et la plaque Aaron Swartz de ma salle de classe

J’ai beaucoup de moments de fierté depuis que je suis chez BeCode. Je ressens beaucoup de fierté quand je vois s’épanouir les individus qui sont sous ma responsabilité, quand je suis témoin des épiphanies de compréhension de ceux qui ne se croyaient pas capables, quand ils m’annoncent des grandes nouvelles concernant leur avenir. Ce sont les moments de fierté pour ce qui est à venir. Cette plaque, c’est le symbole d’une fierté pour commémorer ce qu’on ne doit pas oublier, les luttes passées, les acquis obtenus et qu’on ne doit pas laisser disparaître.

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