Il y aurait énormement de choses à dire pour ce commentaire. Mais la plupart des éléments sont hélas trop courant, et on se décourage vite à expliquer et réexpliquer encore et encore.

Je me permettrais de répondre sur 2 éléments:

1) en ce qui concerne les quota, il y a un défaut fondamental dans le raisonnement.
La raison de l’existence des quota est le résultat d’un constat objectif que les femmes en général sont jugées plus sévèrement que les hommes, de manière inconsciente (la décision d’imposer un quota est en général prise par des hommes, qui n’ont absolument aucun intérêt à faire engager des incompétents, cela veut dire qu’en général, les quotas ne sont imposés que si les preuves d’un biais sont en béton). Donc, ces études montrent que justement, en général, on engage un homme alors qu’on n’aurait pas engagé une femme équivalente. Cela parait un peu drôle de voir beaucoup de personne se plaindre de l’injustice des quotas, mais « oublier » l’injustice de l’absence des quotas.
Le défaut fondamental, c’est que ces études démontrent un biais inconscient. Cela signifie que la personne qui engage un homme alors qu’il n’aurait pas engagé une femme est persuadé que ce choix est correct, que l’homme est en réalité plus compétent. Du coup, pour cette personne victime de ce bias, lorsqu’on place un quota qui corrige correctement le biais, il sera le premier à considérer que la femme qui est maintenant engagée est favorisée par ce quota, vu que selon lui, elle est moins compétente.
En d’autres termes: si vous n’aviez pas remarqué, avant l’arrivée des quotas, que des hommes prenaient la place de femmes plus compétentes, alors, vous n’êtes pas en position de juger si ces quotas ont permis à des femmes moins compétentes d’accéder à un poste à la place d’hommes plus compétents.
Après, on peut évidemment discuter, mais il y a plein de subtilités (par exemple: effectivement, il peut y avoir moins de femmes dans un secteur, et si on suppose une distribution des compétences identiques, un quota à 50/50 n’est pas une bonne idée. Sauf que le biais existe aussi durant les études, ce qui signifie qu’à la sortie des études, la distribution des compétence n’est pas identiques: on a moins de femmes, mais elles sont en moyenne plus compétentes).
Bref, je ne veux pas dire que les quotas sont toujours parfait, mais que la situation est plus complexe que cela.
Ainsi, par exemple, la London School of Economics a réalisé une étude intitulée « gender quota and the crisis of the mediocre man », où ils mesurent une augmentation de la qualité grâce aux quotas qui remplace certains hommes par des femmes plus compétentes.

2) en ce qui concerne les milieux très féminisés, quelque chose qui me surprend chaque fois, c’est le fait que la différence fondamentale de traitement entre les deux cas passe si souvent inapperçue.
Lorsqu’une femme se retrouve dans un milieu masculin, la majorité (pas toutes, bien sur, mais la majorité) des blagues ou des remarques qu’elle reçoit se base sur le fait qu’elle est sans doute pas capable de faire son travail correctement (cela va de l’allusion qu’elle a eu le poste en couchant à celle où son rôle dans le groupe est de faire la vaiselle).
Lorsqu’un homme se retrouve dans un milieu féminin, la majorité des blagues ou des remarques qu’il reçoit se base sur le fait qu’il s’abaisse à faire un boulot de femme (cela va de l’allusion au manque de virilité à l’allusion à la fainéantise de se la couler douce) (j’avais lu un article à propos des hommes sage femme, où les témoignes s’accordaient à dire que c’était le public qui se moquait et pas les collègues, contrairement par exemple à l’informatique pour les femmes).
En gros, on se moque des femmes qui font des boulots d’hommes car elles pensent être capable de faire un boulot d’homme, supérieur à son status de femme, et on se moque des hommes qui font des boulots de femmes car ils se rabaissent à faire un boulot de femme, inférieur à son status d’homme.
Évidemment, on peut trouver des exemples où ce n’est pas le cas, mais c’est bel et bien l’idée générale réelle.
C’est évident une très mauvaise chose pour les hommes, mais c’est un peu simpliste de prétendre qu’on est en situation symétrique. C’est très intéressant de voir que certains ont totalement pas conscience de cette différence.