La sortie de formation

J’avais préparé ce nouveau chapitre. Mon CV, ma lettre de motivation, mon portfolio, mon compte GitHub, c’était à peu près environ fait comme il faut. C’était pas parfait mais comme toujours, je m’étais fixée l’objectif impossible de trouver du taff en deux mois. Pas de temps à passer à tout refaire pour que ça soit parfait. De toute façon, c’est jamais parfait.

Je me disais que je referai mon portfolio comme il faut quand j’aurai un taff, pendant mon temps libre, que j’alimenterai mon GitHub en collaborant au projet des copains, que je posterai pleins de trucs super classy sur LinkedIn.

Au final, j’ai passé énormément de temps à refaire encore et encore mon CV parce que chaque société de recrutement en voulait un différent, qu’à chaque fois. J’ai passé beaucoup de temps sur la plateforme d’e-learning sur laquelle je m’étais inscrite. En voyant les offres d’emploi, je voulais pas seulement survoler mais je voulais vraiment connaître les langages, les librairies, pour ne pas me faire avoir par des questions à la con pendant les entretiens.

En mars, j’ai signé un contrat. Pari encore gagné.

Je visais au départ des postes de back-end parce qu’en vrai, le front-end, c’est rigolo mais ça me branchait moins. Puis quand j’ai vu plusieurs annonces « back-end dev » qui demandaient de savoir HTML/CSS, Javascript, AngularJS, NodeJS, PHP, C++, paramétrer et gérer des serveurs sous linux, maîtriser la SEO et gérer du content marketing, je me suis dit que ça allait vraiment être compliqué. J’ai postulé quand même mais à chaque fois, y’avait des aspects non négociables comme les 5 années d’expérience en marketing qui me manquaient. Forcément.

Plutôt que de lâcher l’affaire, j’ai revu mes attentes à la baisse et je me suis dit que j’allais postuler aussi aux offres de front-end. Et puis aux offres de webdesigner. On ne sait jamais.

J’ai passé de chouettes entretiens avec des personnes très sympathiques, très humaines, qui n’ont pas hésité à me donner des conseils, à m’apprendre des trucs,… J’en ai vécus des parfaitement inutiles où on me faisait passer des interrogatoires, on me donnait des directives sans explication (« faut apprendre telle techno et pis c’est tout »).
Mon pire entretien s’est déroulé dans un café. La personne que je devais rencontrer m’a posé des questions auxquelles je devais répondre soit de manière technique (« c’est pour le client »), soit de manière générale (« non mais moi je suis pas dans votre branche, je comprends rien, faut m’expliquer simplement »), soit juste avec des mots-clefs (le fameux concept où si tu sors le bon mot, même dans un mauvais contexte, c’est gagné). Pas de bol, j’ai jamais réussi à savoir quel type de réponse je devais donner donc on m’a fait comprendre que j’étais qu’une merde. La fin de l’entretien était pas mal aussi. Remarques sexistes, mesquines et humiliantes.
Heureusement, comme je disais, j’ai rencontré en majorité de chouettes personnes, très chaleureuses, très intéressantes avec qui je regrette parfois de ne pas travailler parce que je pense qu’on aurait pu créer de merveilleuses collaborations.

Et puis est arrivé le jour des remises des attestations de fin de formation. Entre deux bouchées de gâteaux au chocolat (on sait recevoir au CF2m !), on me dit qu’il y a un job à pourvoir dans une nouvelle école qui va se lancer prochainement. Ils cherchent des formateurs. « Fonce ! C’est trop pour toi ! » me dit-on.

J’ai postulé, j’ai passé l’entretien, j’ai signé, je suis allée en formation de formateurs, j’ai accueilli la première classe, puis la deuxième (la mienne), et voilà.

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